idole


idole

idole [ idɔl ] n. f.
• 1538; ydele 1080; lat. ecclés. idolum, gr. eidôlon « image »
1Représentation d'une divinité (image, statue), que l'on adore comme si elle était la divinité elle-même. fétiche. Idole de bois, de bronze. Culte des idoles. idolâtrie.
2(XVIIe) Personne ou chose qui est l'objet d'une sorte d'adoration. Faire de qqn son idole. « ah ! Laurette, idole de ma vie » (Musset). Vedette de la chanson ou du spectacle, adulée du public. La nouvelle idole des jeunes. Une idole et ses fans.

idole nom féminin (latin ecclésiastique idolum, du grec eidôlon, image) Représentation d'une divinité sous une forme matérielle (image, statue), qui est l'objet d'un culte d'adoration : Idole de bronze. Culte des idoles. Personne qui est l'objet d'une tendresse ou d'une admiration passionnée de la part de quelqu'un, et, en particulier, vedette de la chanson ou du music-hall adulée par le public : La nouvelle idole des jeunes.idole (citations) nom féminin (latin ecclésiastique idolum, du grec eidôlon, image) Gustave Flaubert Rouen 1821-Croisset, près de Rouen, 1880 Académie française, 1880 Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains. Madame Bovary Théophile Gautier Tarbes 1811-Neuilly 1872 Si le dieu n'est qu'une idole, plaignons l'idole et non le dévot. Extrait de La Presse 20 novembre 1848 Bible Elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas, elles ont des oreilles et n'entendent pas. Ancien Testament, Psaumes CXV, 5-6 les idoles Commentaire Citation empruntée à la « Bible de Jérusalem ». ● idole (difficultés) nom féminin (latin ecclésiastique idolum, du grec eidôlon, image) Orthographe Sans accent circonflexe sur le o. Attention aux dérivés idolâtre, idolâtrie, qui prennent un accent circonflexe sur le a. Genre Féminin, même pour désigner un homme : Gérard Philipe, l'une des grandes idoles du théâtre d'après-guerre.

idole
n. f.
d1./d Figure, statue représentant une divinité et exposée à l'adoration. Renverser les idoles.
d2./d Fig. Personne ou chose à laquelle est rendue une manière de culte. La gloire est son idole.
|| Spécial. Vedette (notam. de la chanson) adulée du jeune public.

⇒IDOLE, subst. fém.
A. — Représentation d'une divinité que l'on adore et qui est l'objet d'un culte au même titre que la divinité elle-même. Adorer des idoles; se prostituer aux idoles; culte des idoles; idole d'argent, de bois, de bronze, d'or, de marbre, de pierre; idole primitive; barbouilleur d'idoles; temple d'une idole. Et je me prosternais devant moi-même comme fait le païen aux pieds de son idole (MILOSZ, Amour. initiation, 1910, p. 100). Il n'y a vraiment aucune différence essentielle entre ces pratiques, ces croyances du culte catholique, et celles de n'importe quelle religion primitive, les sacrifices païens, les offrandes que les sauvages déposent devant leurs idoles! (MARTIN DU G., Thib., Mort père, 1929, p. 1391) :
1. À propos des victimes immolées aux idoles, saint Paul déclare aux Corinthiens que l'idole n'est rien dans le monde; c'est une chimère, une entité de raison, un néant. Les chrétiens savent qu'il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu unique.
Théol. cath. t. 4, 1 1920, p. 1019.
P. anal. Femme ayant l'impassibilité d'une idole :
2. Quand je tiens dans mes bras ma femme qui est aussi bien faite que la plus belle statue (...), et qui n'en dit certes pas davantage, (...) je vais jusqu'à me demander si je n'ai pas affaire à une idole...
A. FRANCE, Femme muette, 1912, I, 1, p. 438.
B. — Au fig. Personne ou chose intensément admirée et faisant l'objet d'une sorte de vénération. Abaisser, profaner, renverser une idole; choisir comme idole; chute d'une idole; état, rang d'idole; idole de la nation, de la science. Le seul mot de convulsion me cause un frisson dans l'âme même (...). Ô mon Dieu! (...) était-il besoin de causer ces terreurs, d'offrir ces épouvantables images à celle qui fait de son enfant une idole? (BALZAC, Mém. jeunes mar., 1842, p. 319). Madame de Campvallon (...) est mon idole; elle est si belle et si distinguée (...). Je suis contente près d'elle (FEUILLET, Camors, 1867, p. 270). Le petit Lord John Russell, chef des whigs réformistes, était l'idole du peuple (MAUROIS, Disraëli, 1927, p. 64) :
3. Idole, tout ce qui dure, se survit, oublie ses conditions, s'imite (...). Devenir idole est le but de tous les hommes distingués.
VALÉRY, Tel quel I, 1941, p. 221.
En partic. Vedette du spectacle, de la chanson ou personnalité à la mode dont l'apparition suscite une sorte de frénésie dans le public. Monsieur Armand de Montriveau se trouvait en ce moment (...) l'objet d'une curiosité générale, et la méritait plus qu'aucune de ces idoles passagères dont Paris a besoin et dont il s'amourache pour quelques jours (BALZAC, Langeais, 1834, p. 237). Elle avait compté sans le public parisien des répétitions générales, qui en était ce soir-là au point précis où il décide de déboulonner son idole (L. DAUDET, Mésentente, 1911, p. 242) :
4. La scène n'était pas terminée, que le saltimbanque annonçait une idole de plus dans le cœur des habitués des théâtres de boulevard.
CHAMPFL., Avent. Mlle Mariette, 1853, p. 300.
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1220 ydole fém. « image représentant une divinité adorée comme Dieu lui-même » (G. DE CAMBRAI, Barlaam et Josaphat, 11263 ds T.-L.); 2. 1269-78 « image [ici, vue dans un miroir] » (J. DE MEUN, Rose, éd. F. Lecoy, 18230); 3. 1631 « personne à qui l'on prodigue des honneurs, des flatteries » (GUEZ DE BALZAC, Le Prince, 5 ds LITTRÉ). Empr. au lat. idolum « image, spectre » à l'époque impériale, d'où 2; « idole » à l'époque chrét., d'où 1 (gr. « image, fantôme » et « idole » dans la lang. eccl.). Le type idole est accentué sur la seconde syll.; le type ancien id(e)le a été empr. avec l'accentuation lat. sur la première (ca 1100 [ms. 2e moitié XIIe s.] Roland, éd. J. Bédier, 2619 : ydeles, masc.; 3664 : id., fém.; 1re moitié XIIe s. [ms. fin XIIe s.] Psautier Oxford, 134, 15 ds T.-L. : idles). Fréq. abs. littér. : 1 272. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 1 963, b) 1 778; XXe s. : a) 1 816, b) 1 688.

idole [idɔl] n. f.
ÉTYM. 1538; idolle, 1530; ydole, v. 1220; idle, v. 1120; ydele, 1080, Chanson de Roland; idole a signifié « image, dans un miroir » (v. 1270); lat. ecclés. idolum, du grec eidôlon « image »; parfois au masc. au XVIIe à cause de l'étymologie.
1 Image représentant une divinité (figure, statue), adorée comme si elle était la divinité elle-même. Fétiche. || Idole en bois, en pierre, en or. || Idole à forme humaine, animale. || Adoration, culte des idoles dans les temples. || Offrandes faites aux idoles. || Promener des idoles. || L'idole de Jupiter (→ Caractère, cit. 23), d'Astarté (→ Brûler, cit. 7). || Idole étrangère rapportée par les soldats vainqueurs (→ Béton, cit. 1). || Le judaïsme, le christianisme luttèrent contre le culte des idoles (→ Avoir, cit. 74). || Le veau d'or, idole des Juifs (Bible, Exode, XXXII). || Jésus vient détruire les idoles (→ Église, cit. 3; hostie, cit. 2).REM. Le mot ne s'emploie guère que dans un contexte chrétien, monothéiste, où cet objet de culte est critiqué.
1 Ils n'ont point d'intelligence, ceux qui portent leur idole de bois. Et qui invoquent un dieu incapable de sauver.
Bible (Segond), Ésaïe, 45, 20.
2 Cet ami l'ayant résolu à se faire chrétien, il déchira ces édits qu'on publiait, arracha les idoles des mains de ceux qui les portaient sur les autels pour les adorer, les brisa contre terre (…)
Corneille, Examen de Polyeucte.
3 Ami, peux-tu penser que d'un zèle frivoleJe me laisse aveugler pour une vaine idole,Pour un fragile bois, que malgré mon secoursLes vers sur son autel consument tous les jours ?
Racine, Athalie, III, 3.
4 Une idole chinoise, quoiqu'elle soit un objet de vénération, ne diffère guère d'un poussah ou d'un magot de cheminée.
Baudelaire, Curiosités esthétiques, De l'essence du rire…, p. 719.
5 Les VIIe et VIIIe s. virent le développement d'une tendance, au sein de l'Église d'Orient, visant à proscrire l'usage des images (→ Iconoclaste). Le second Concile de Nicée (787) jugea nécessaire de faire une distinction entre latria, adoration, et dulia, honneur ou respect, cette dernière forme de culte devant être seule offerte aux images; les catholiques ont conservé cette attitude jusqu'à nos jours : un décret du Concile de Trente affirme que les images ne sont pas adorées comme des idoles par les catholiques (« comme si la Divinité résidait en elles, ou comme si nous leur demandions une faveur, ou y mettions notre confiance, à la manière des païens avec leurs idoles »).
E. Royston Pike, Dict. des religions, art. Image.
Femme qui a l'impassibilité, la cruauté (cit. 7) des idoles.
6 À tort ou à raison, je lui prêtais des indifférences et des impassibilités d'idole (…)
E. Fromentin, Dominique, VII.
Par métaphore. || Il ne faut pas toucher aux idoles, la dorure en reste aux mains (Flaubert. → Dénigrement, cit. 2).
Vx. Image, ombre, fantôme.
7 N'étant pas corps, mais une vaine idole,Qu'on veut serrer et prendre bien souvent,Mais en lieu d'elle on ne prend que du vent.
Ronsard, Épitaphes, « Dialogue de Beaumont… »
Fig., vx. Personne dénuée d'esprit, de sensibilité. Statue.
8 Angélique n'a point de charmesPour me défendre de vos coups;Ce n'est qu'une idole mouvante;Ses yeux sont sans vigueur, sa bouche sans appas (…)
Corneille, la Place royale, I, 2.
2 (1631). Fig. Personne ou chose qui est l'objet d'un amour passionné, d'une sorte d'adoration, de dévotion, de culte. Déité. || Faire (cit. 149) de qqn son idole. || L'aimée, l'idole de son cœur (→ Avilir, cit. 8; façonner, cit. 17). || La passion voit son objet parfait et en fait son idole (→ Enthousiasme, cit. 17). || Écrivain, peintre à la mode, qui est l'idole du jour. || Des âmes vaines qui sont les idoles du monde (→ Ennemi, cit. 12). || Idole des foules, des jeunes (→ ci-dessous cit. 16 et supra). || Exempt (cit. 9) de tout fanatisme, il n'a point d'idole.
9 Quelle créature fut jamais plus propre à être l'idole du monde ? Mais ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ?
Bossuet, Oraison funèbre de la duchesse d'Orléans.
10 Il était l'idole d'une mère pauvre qui l'avait élevé au prix des plus dures privations.
Balzac, la Bourse, Pl., t. I, p. 331.
11 Ah ! Laurette, ah ! Laurette, idole de ma vie (…)
A. de Musset, Premières poésies, « À Laure ».
12 Marat commençait à être une idole pour le peuple, un fétiche.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., IV, VI.
13 Ils (les Français) n'aiment point la liberté; l'égalité seule est leur idole.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. IV, p. 62.
14 La femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de devoir en s'appliquant à paraître magique et surnaturelle; il faut qu'elle étonne, qu'elle charme; idole, elle doit se dorer pour être adorée.
Baudelaire, Curiosités esthétiques, XVI, XI.
15 Où le caractère n'est pas grand, il n'y a pas de grand homme, il n'y a même pas de grand artiste, ni de grand homme d'action; il n'y a que des idoles creuses pour la vile multitude (…)
R. Rolland, Vie de Beethoven, p. VII.
Chanteur, chanteuse à la mode au point d'être l'objet d'un véritable culte (d'abord dans l'expression idole des jeunes). || Une idole et ses fans.
16 Comment vous fabrique-t-on, idoles ? (…) un imprésario prend un garçon ou une fille, sans voix, sans idées, sans culture, sans personnalité, sans fierté, sans réflexes. Il pétrit cette serpillière, et lui fait éructer devant un micro des lambeaux de sons dits chansons yé-yé (…)
P. Guth, Lettre ouverte aux idoles, p. 12.
17 Les Idoles symbolisent l'unité de cet ensemble, ces Idoles qui ont le privilège remarquable d'être parfaitement quelconques (ni trop laides ni trop belles, ni trop vulgaires ni trop fines, ni dépourvues de talent ni trop douées), d'avoir la même vie (quotidienne) que n'importe qui, de donner à chacun une image de sa vie (quotidienne) métamorphosée du fait que ce n'est pas sa vie (quotidienne), mais la quotidienneté d'un ou d'une autre (riche, célèbre parce qu'Idole). De sorte qu'il est passionnant de voir une Idole, figurant parmi les constellations, prendre un bain, embrasser son enfant, conduire sa bagnole, faire ce que fait le premier venu mais pas comme le premier venu.
Henri Lefebvre, la Vie quotidienne dans le monde moderne, p. 322-323.
18 Avec une simplicité grandiloquente, elle se convainc que chantant, elle remplit un rôle, elle dirait presque « une mission ». Le mot si répandu d'idole ne lui convient pas, mais pour un peu elle se croirait prêtresse.
F. Mallet-Joris, le Jeu du souterrain, p. 160.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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